17 septembre 2008
TANZANIE (6) LENGAI MONTAGNE DES DIEUX
Endormis ou inquiets à l’idée d’affronter les 1800m de dénivelé qui séparent du sommet, les paroles sont rares dans les véhicules.
A 4h nous sommes à pied d’œuvre, les porteurs sont déjà parti et c’est avec un sac allégé que attaquons la montée.
Ce ne sera pas une partie de plaisir avec des passages à plus de 45% sur un parcours rectiligne au milieu des crevasses, des arêtes et des dalles.
Au bout de 6h d’effort nous arrivons au sommet dont le cratère nord offre un relief lunaire

C’est le relâchement bien mérité sous le soleil qui devient chaud à 2800m d’altitude
Wilson a installé la nappe pour le picnic, dans la cendre au pied des hornitos fumants, ce n’est pas des plus sympathique mais après cet effort, nous ne sommes pas très difficiles et nous accepterons de bonne grâce la situation
Bien vite, nous irons rejoindre le cratère sud pour y établir notre camp de base dans la verdure
La nous aurons la surprise de voir quelque gazelles s’ébattre dans les buissons


Pendant 2 jours, nous explorerons le cratère nord, fissures, effondrements et hornitos n’auront plus de secret pour nous. Mais nous sommes frustrés du manque d’activité du volcan. Pas de coulée ou d’explosions, seuls quelques grondements sporadiques et des gaz s’échappant inexorablement des hornitos





Avec un autre membre de l’équipe, je profiterai de ce calme pour faire ce relevé GPS du cratère, permettant d’en définir les dimensions et la disposition des hornitos ou effondrements

Pour les Masais, ce volcan est sacré et vénéré comme un dieu. Il est resté bienveillant, dieu merci.
Mais maintenant nous devons attaquer sa descente, en fait beaucoup plus impressionnante que la montée
Au passage de la dalle, Mimi est un peu paniquée et la crispation l’envahit
A mi pente, c’est la chute
La malveillance du volcan c’était donc manifestée donnant ainsi un sens aux croyances des Masais
La suite de descente fut donc un calvaire pour Mimi avec le cuir chevelu tailladé et les cervicales en compote.
Arrivé au camp, Carole lui fera quelque points de sutures, quelle galère. Comment ne pas se rappeler l’épisode d’Hawaii, décidément, le T shirt à la girafe est maudit et les volcans ne sont pas vraiment ses amis.
Pas le temps de s’apitoyer, nous reprenons la piste pour rejoindre les bords du lac Manyara, point de départ d’un survol du rift, dans un petit avion spécialement affrété pour le groupe

Nous survolerons successivement la caldeira de Ngorongoro, le cratère Olmoti, nous remontrons ensuite sur le Lengai et le lac Natron. De là nous rejoindrons Arusha.
Notre pilote fera quelques incartades au règlement en survolant Ngorongoro à seulement 200m d’altitude

Vu sous cet angle les pentes du Lengai nous apparaîtrons encore plus impressionnantes et nous comprenons les difficultés de son ascension

Au dessus du lac Natron l’altimètre indiquera 50m. Et C’est donc en rase motte que nous survolerons les flamands roses.

Enfin de retour sur Arusha nous devinerons le Kilimandjaro et verrons le sommet du mont Meru.
Malgré les fatigues accumulées les jours précédents, nous avons apprécié ce vol ou la dextérité du pilote nous a offert des vues extraordinaires du rift et de son roi, le Lengai.

Le séjour touche à sa fin et le groupe va se séparer, il est temps de faire quelques achats dans les boutiques à souvenir et selon la tradition de nous réunir pour un repas plus raffiné dans un lodge haut de gamme histoire de nous réadapter à la nourriture européenne

Pour plus de photos je vous invite à regarder mon album photo
16 septembre 2008
TANZANIE (5) ENGARO SERO ET LAC NATRON
Nous reprenons la piste nord en direction de Malambo, Le village de Malambo est le plus important avant la frontière Kenyane. Nous sommes au cœur du territoire masai.

Ca et là au détour des villages, Eric devra aussi se frayer des passage dans les troupeaux Masai et nous arriverons ainsi aux bords du rift, tout au nord du pays, seul endroit où il est possible de franchir les falaises de la dépression.

A nos pieds 600m en contrebas, le fond du rift et le lac Natron dominé par le volcan Gelai.


Le long du lac Natron la piste devient plus sympathique, et dans le soleil couchant, la montagne des dieux dessine son cône aux lignes parfaites devant notre véhicule

A la vue du volcan, Michèle réalise la tâche qui l’attend pour gravir les 1800m de dénivelé qui la sépare du sommet.

Mais ceci est une autre histoire et dans l’immédiat, nous avons hâte de rejoindre Engaro Sero pour y établir notre campement et se relaxer en buvant une traditionnelle kilimanjaro.

Après une nuit de repos, David, notre guide Masai nous emmène sur les rives du lac Natron. Cette étendue d’eau salée s’étire sur 80km pratiquement jusqu'à la frontière du Kenya.
Des milliers de flamands roses se sont approprié le territoire il se nourrissent de petits crustacés chargés des sels du lac, ce qui leur confère cette robe rose si caractéristique.
Avec de grandes précautions nous tenterons de les approcher.


Même ici, la business attitude est de rigueur, les masais du village nous ont repéré et nous propose au bord du lac colliers, lances et casse tête

L’après midi David nous propose d’explorer les gorges d’Engaro Sero, jusqu’à une belle cascade.

La ballade est plutôt rafraîchissante, pas de sentier mais une succession d’escalade et de traversée des eaux du torrent.

Dans les parois rongées par le courant et les crues nous pouvons lire l’histoire géologique des lieux.

Après une heure de progression nous atteignons notre but et c’est sous une douche d’une cinquantaine de mètres que certains d’entre nous achèveront leur ballade.


A la veille de l’ascension du Lengai, les filles se reposent, la nuit sera courte puisqu’a 3h du matin il faudra plier les tentes et filer au pied de la montagne des dieux.

A suivre …….
TANZANIE (4) GORGES D’OLDUVAI ET GOLS MOUNTAINS
Pied au plancher, Eric nous entraîne dans l’immense plaine du Serengeti ou paissent librement troupeaux Masai, antilopes et gnous.
Vers midi nous approchons des gorges d’Olduvai, notre nouvelle destination.

Vue des satellites cette curieuse saignée profonde de près de 90m, se subdivise en deux branches dont la plus longue s’étire sur plus de 60km
Les stratifications, où alternent couches de tuff, cendres et sédiments témoignent de l’histoire géologique du site la base la plus ancienne datant de 2 millions d’années

le site est également célèbre pour la découverte par Mary Leakey en 1959 des restes d’un des plus ancien humain, l’australopithèque Boisei vivant dans ce lieu il y a 1 million 750 000 ans.
Un petit musée rassemble les nombreuses découvertes faites dans ces gorges.
Outre des ossements d’animaux sont exposés de nombreux outils en silex finement taillés
De remarquables moulages des empreintes de pas des australopithèques sont également présentés.

La conservation jusqu’à nos jours de ces empreintes est du à la nature particulière du sol de l’époque ; les formes se sont solidifiées en un ciment imputrescible.
Un guide local nous conduit ensuite dans ces gorges près des lieux de ces découvertes.
En fait de nombreux ossements et autres fossiles sont encore visibles un peu partout et les scientifiques font des campagnes de fouilles régulièrement.

Une petite stèle à été scellée à l’endroit de la découverte de Mary Leakey
Après cette initiation à la préhistoire humaine, nous reprenons les pistes du Serengeti toujours au milieu des innombrables gnous se préparant à la grande migration.
La piste s’engage ensuite vers le nord en direction des Gol mountains, des édifices basaltique anciens constituant le socle originel de la région.

En dépit des apparences, la piste cache de nombreux obstacles et comme ici, Eric est obligé de jouer de la pelle pour nous tirer d’affaire.

Le camp sera installé dans un décor somptueux aux pieds de ces rochers millénaires des Gol Mountains.


Au petit matin, dans la quiétude de notre petit déjeuner, telle n’est pas notre surprise de voir des Masais ayant déjà installés leur étalage de colliers. Mais notre attention est vite attirée par les nombreuses familles de babouins qui s’épouillent tendrement dans les rochers.




A suivre …..
14 septembre 2008
TANZANIE (3) VISITE D’UN VILLAGE MASAI
Le parc de Ngorongoro est en territoire Masai et la visite d’un village s’impose.
Tous les villages Masais sont conçu selon le même principe, des cases faites de bois tressé et bouse de vache sont enserrées dans une enceinte les protégeant les animaux sauvages. Au centre du village une autre enceinte permet de rassembler vaches, chèvres et moutons durant la nuit.
Moyennant 80 dollars par véhicule, le chef du village nous invite à la visite. La aussi la business attitude est de rigueur.
Suivant un processus bien rôdé, femmes et hommes du village, rassemblé sous l’acacia nous gratifient de quelques déhanchement rituels et jouent avec nous en proposant de participer à leur galipettes ou de porter leur bimbeloterie.
le chef nous invite ensuite à visiter le village. Les cases sont minuscules, quelques paillasses autour d’un feu dans une ambiance de fumoir à saumon

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A l’école les enfants aussi sont conditionné pour accueillir les touristes, ils entament un notre arrivé un chant consciencieusement appris.


Et puis nous n’échapperons pas au harcèlement pour la vente de colliers de perle ou de lance Masai qui ont bien sûr déjà tuée quelques lions.
Même pour le moindre essai d’une lance Masai, il faut payer.
Tout ceci manquait évidemment d’authenticité et nous laissera un impression quelque peu décevante.
….. A suivre …..







TANZANIE (2) RESERVE DE NGORONGORO ET OLMOTI
Après ces considérations géologiques peut être un peu rébarbatives, revenons à l’actualité. Mieux que mes croquis précédents, une photo satellite du site est beaucoup plus parlante.

C’est donc sur ce territoire que nous allons évoluer. Voici donc les différentes étapes :


Etape 1 : Ngorongoro

Ngorongoro est un gigantesque édifice volcanique dont le cône s’est effondré il y a 2 millions d’années, il est niché dans un chaîne de volcans éteints s’étendant à 40km de la vallée du rift
Avec une superficie de plus de 300 km2 et 19km pour sa plus grande dimension, cette caldeira approximativement circulaire est la 6ième plus grande du monde. Sa profondeur atteint 610m et ses bords s’élèvent entre 2280 et 2440m.
Le fond assez plat est partiellement occupé par les eaux salées du lac Magadi.

Nous atteignons enfin le Simba camp, notre hôtel de plein air établi sur les bords de la caldeira.

Les tentes montées nous constatons rapidement qu’une armée de marabouts montent la garde, nous comprenons qu’un lieu si attirant pour des oiseaux habituer à vivre sur des tas d’ordures n’est probablement pas l’indice d’une propreté exemplaire.

Un bref coup d’œil sur les toilettes, les cuisines et la salle de restaurant ne tardera pas à nous rassurer sur notre sort. Mais dieu merci, nous sommes vaccinés


Après une nuit plutôt fraîche émaillée de grognements et autre bruit de ruminants aux abords de la tente, nous avons hâte de descendre dans le cratère et de visiter ce sanctuaire de la faune africaine
Nous ne sommes pas déçus. A peine arrivé sur le fond de la caldeira, notre 4x4 trouve ce lion délicatement allongé au travers de son chemin.

Dès cet instant nous ne cesserons pas de croiser des animaux que nos véhicules n’effraierons même pas tant ils sont sûrs de leur protection dans cette arche de Noé crée depuis 1951.
La caldeira n’est accessible qu’entre 7h et 18h, au delà, aucune personne n’est autorisée dans la réserve. Toutefois les masais, qui revendiquent aujourd’hui leur droit sur le cratère sont autoriser à y faire paître leur troupeaux lors de la saison sèche.







Nous sommes à la fin de la saison des pluies et les pistes offrent parfois des surprises comme ici.

A midi nos guides arrêtent les 4x4 auprès d’un petit lac ou s’ébat une colonie d’hippopotames.
Après ce break nous reprenons la piste quittant Ngorongoro pour la découverte du cratère Olmoti, autre caldeira appartenant à la même chaîne volcanique que Ngorongoro.
Escorté d’un guide armé pour nous protéger soit disant des attaques d’animaux, nous gravissons les 300m de dénivelé qui nous sépare des lèvres du cratère.
Du sommet la vue est splendide. Beaucoup plus petit que Ngorongoro, avec un diamètre d’environ 6km, Olmoti est paraît il tout aussi riche en faune sauvage. Nous n’aurons malheureusement pas le temps de l’explorer.
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13 septembre 2008
TANZANIE (1) UN PEU D’HISTOIRE GEOLOGIQUE
En janvier 2007 nous étions en TANZANIE . Le circuit sur place a été organisé par CORTO SAFARIS www.cortosafaris.com/
A cette période l’année c’est la saison sèche et nous avons eu un temps superbe.
Un vol KLM nous a conduit directement à KILIMANDJARO Airport et de la après un courte nuit à ARUSHA nous avons pris la direction du rift Grégory qui constitue la branche Est du rift Est Africain.
La particularité du rift Grégory est de compter un volcan pratiquement unique au monde par la nature de sa lave, le Lengai et quelques volcans endormis comme le Ngorongoro dont la caldeira est une véritable arche de Noé tant les animaux abondent.
Retraçons en quelques lignes l’histoire géologique de cette région
Il y a 1 à 2 milliards d’années alors que les mers recouvraient cette zone, les roches se formaient dans les profondeurs sous l’action de la température de la pression et des mouvements de convection internes.
Sous l’action des processus tectoniques les roches formées en profondeur du bassin océanique se soulevèrent pour former l’ancien super-continent Rodinia, lui même ancêtre de la Pangée.
C’est ainsi qu’émergea on suppose vers la fin du précambrien le plateau Est africain avec les Gol mountains et les autres blocs anciens de la région formés de quartzites, gneiss et schistes.
Vint ensuite, une longue période d’érosion de ces reliefs pendant près de 500 millions d’années

C’est alors qu’au Cénozoique miocène, il y a 15 à 20 millions d’années, et grâce à l’action de panaches mentelliques le magmatisme se développa dans la région Est africaine. Sous l’effet des forces de convection un bombement de la lithosphère en limite du socle précambrien provoqua dans la région nord tanzanienne, une rupture de la croûte terrestre selon une ligne nord/ sud bifurquant ensuite sur l’ouest au niveau de l’actuel lac EYAZI, formant ainsi un premier rift. Dans ce processus, la frange Est des GOL Mountains se trouva affaissée de 1000 à 2000m par rapport au reste du massif
A la faveur de la déstabilisation provoqué, l’activité volcanique commença il y a 7 à 15 millions d’années, dans le rift à l’Est de l’escarpement. Le magma atteignit la surface par de longue fissures provoquées lors du processus de rifting.
Une lave basaltique fluide analogue à celles d’Ethiopie, s’écoula très loin à l’Est jusque dans la région du KILIMANDJARO, et combla graduellement les bases de l’escarpement Est de la vallée du rift.
Les couches s’accumulèrent à tel point que la base effondrée des Gols mountains se trouva complètement recouverte. Les falaises abruptes que l’on voit aujourd’hui sont donc les vestiges de la ligne rupture.
A cette époque les Gol Mountains étaient donc environnées d’une plaine de lave se recouvrant peu à peu au fil du temps de végétation

Après cette longue période d’épanchement fissurale, l’activité volcanique se transforma peu à peu en volcanisme localisé sur des sources magmatiques ponctuelles émettant une lave plus visqueuse puis une activité explosive devint prédominante créant les amoncellements coniques de cendres et de tuffs.
C’est ainsi que se forma il y a 5 à 7 millions d’années la chaîne de cratères orientée NE/SO et comprenant 7 édifices principaux dont NGORONGORO. Des dépôts de cendres couvrirent largement les alentours formant les plaines de Sale et du Serengeti
Par la collecte des eaux de ruissellement provenant des volcans, le lac Eyasi pris naissance à cette époque.

La poussée des panaches mantelliques restait très active et une seconde phase de rifting se produisit il y a 2 à 3 millions d’années. L’effondrement toujours orienté nord sud se développa en bordure Est de la chaîne volcanique. Ainsi le rift Grégory tel qu’on le connaît actuellement était né.
Ce processus ne fut pas sans conséquence sur la chaîne volcanique proche. Le déséquilibre provoqua d’importantes fissuration dans les édifices. Une large fracture circulaire se développa autour du centre d’éruption de Ngorongoro. Celui ci s’effondra pour former le cratère que nous connaissons aujourd’hui

ce type de configuration constitue ce que l’on appelle une caldeira supposée provenir de l’effondrement de la chambre magmatique vidée de son contenu et ne pouvant résister aux forces de gravité.
De façon similaire, ce processus se manifesta sur Olmoti et Empakaai ou des caldeiras plus petites se formèrent
D’autres événements de moindre ampleur se produire dans la chaîne volcanique notamment dans le cratère de Ngorongoro où des cônes de scories comme celui de Kitaki se formèrent, pour donné un paysage proche de ce que l’on peut voir actuellement
Un peu plus tard en bordure du rift mais plus au nord un foyer éruptif formera le volcan Mossonik.
C’est durant cette période que la plupart des bassins de drainage se firent jour. L’eau provenant des caldeiras et des pentes constituèrent les lac Natron et Manyara.

Beaucoup plus récemment, il y a 150 000ans, se développa dans le rift et dans le prolongement nord est de la chaîne des anciens volcans, le Karimasi, un volcan de type explosif.

D’énormes émissions de cendres riches en carbonate recouvrirent de vastes étendues sur les plaines de Sale et du Serengeti. Ceci lissa tous les reliefs subsistant du passé et donna l’aspect poussiéreux d’aujourd’hui.
Les vent dominants accumulèrent ces cendres au pied des Gol mountains à tel point que des forages ont permis de mesurer des épaisseurs de 120 m.
Alors que l’activité du Karimasi diminuait, un nouveau volcan naissait 11km plus au nord le Lengai. Et c’est ainsi que le paysage actuel s’est formé

A SUIVRE ......




















































